Quel risque pour le membre, l'épargnant?

Apprendre l'idée de l'AMI, c'est ici.
Répondre
Avatar du membre
Soyons AMI
Administrateur
Messages : 10
Enregistré le : ven. déc. 21, 2012 9:12 pm

Quel risque pour le membre, l'épargnant?

Message par Soyons AMI » mar. sept. 10, 2013 7:42 am

Je réponds ici à la question posée par Gaëtan, fort pertinente évidemment... :mrgreen:
Hello,

Afin d'alimenter la vulgarisation du concept, voici une petite question simple :

A quel risque financier s'expose un simple épargnant en investissant dans l' AMI :?:

@ bientôt
Salut Gaëtan,

LA question choc... :P

Et fastidieuse, parce qu'elle touche au fondement du concept alors même que le principe même ne repose pas sur l'épargne.
D'abord l'approche philosophique

Il faut d'abord intégrer l'idée que le but de l'AMI n'est pas de fournir un lieu d'investissement ou d'épargne au public, mais bien un moyen d'influer sur les grandes orientations politiques et économiques en remplaçant le Dire (des manifestations, des protestations sur Facebook, des conseils politico-politicards-politiciens, etc... des pertes de temps et d'efficacité) par le Faire (si le public veut une transition écologique, s'il veut une transition sociétale...il n'à qu'à se l'offrir, puisque le système lui en offre la possibilité et c'est ce qu'il fait avec l'AMI, puisqu'en soutenant certains projets, en refusant d'en soutenir d'autres, il influe sur l'orientation écologique, économique et même politique, sans confrontation).

Il s'agit donc plus pour l'AMI de rassembler 500'000 personnes (je rêve de 5 millions, mais bon, c'est un rêve, ma folie, 500'000 personnes, par contre, est très réaliste) qui achètent une quote-part à 100€ pour avoir voix au chapitre longtemps que 5'000 qui en achètent 100, pour 10'000€. L'économie contributive ne marche qu'à la condition que la ressource cognitive soit fortement cumulative, autrement dit, qu'elle provienne du plus grand nombre. A partir de là, le risque pour l'épargnant de base est donc de...cent balles... :giggle:

En outre, l'AMI rassemble, selon un montage étudié depuis très longtemps, les différents acteurs de l'économie : les financiers, les patrons, les collectivités, le public, chacun jouant son rôle sans possibilité de confrontation les uns avec les autres mais avec toutes les possibilités de collaboration ouvertes. L'AMI est donc un organisme d'Intelligence Collective, au sens et selon la définition de l'inventeur de la notion, Douglas Englebart.

Le dogme fondateur de l'AMI, qui n'est jamais perdu de vue, à aucun niveau de sa conception, est purement sociétal. Ca ne change techniquement rien au fait qu'il s'agit bien d'un organisme dans lequel on peut épargner et investir, mais ça répond déjà en grande partie à la question par l'approche philosophique.

Maintenant, l'approche purement technique.

Il serait plus facile que le lecteur comprenne le fonctionnement de l'économie pour comprendre les tenants et les aboutissants du concept. Alors, pour ne pas me disperser, je vais rester sur la ligne de l'AMI et expliquer basiquement. Le reste viendra par la suite à l'occasion d'autres questions.

Dans une banque, l'épargnant à son argent protégé par la loi, jusqu'à concurrence de 100'000€/compte. En échange, il a un rendement négatif sur son compte, entre 1% et 2% alors que pour compenser l'inflation et les frais, le taux moyen de rémunération doit être aujourd'hui de 5,7%. Autrement dit, il épargne, mais s'il ne rajoute pas de l'épargne, elle fond. Si on met 100€ aujourd'hui sur un carnet d'épargne, quelques décennies plus tard on reçoit une facture pour payer les frais de tenue de compte. :tmi:

Dans un investissement en actions, le risque est de deux ordres : voir le rendement s'effondrer, voir la valeur initiale d'investissement diminuer.

Dans les deux cas, la banque comme le courtier, sont protégés, eux, par des leviers d'investissement qu'ils obtiennent par divers procédés techniques. Avec 1€, ils peuvent investir jusqu'à plusieurs dizaines d'Euros. La licence de banque donne accès au crédit de la banque centrale et au droit d'émettre de la monnaie scripturale. Ce qui fait qu'un établissement n'a de limite d'investissement que le niveau de son dépôt déterminé par une règlementation internationale (l'Autorité de Contrôle Prudentiel qui a donné lieu aux "Accords de Bâle". Jusqu'il y a peu, 2% du crédit émis par les banques devait être mis en dépôt, désormais 8%, autrement dit, avant, les banques pouvaient investir 50€ pour 1€ confié et maintenant 12€, ce qui constitue le levier).

Avec un tel système, pas besoin d'être grand clerc pour comprendre que si un pourcentage d'investissements sont perdus, la perte est absorbée par les intérêts cumulés.

Explication :
  • Disons que vous avez 100€ à investir quelque part, peu importe où ou dans quoi. En crowdfunding ou à la bourse,.. finalement, vous pariez sur un ou des projets ou vous investissez à disons 10% sur un an pour faciliter le calcul. Si vous pariez vos 100€ sur un projet, que le projet se plante, vous perdez 100€. Si le projet réussi, vous aurez gagné 10€ après un an.
  • Pour limiter vos pertes, vous pouvez aussi investir 20€ dans 5 projets. Au total, vous aurez toujours 10€ de gain si les 5 projets réussissent. Si un se plante, vous aurez perdu 12€ (110€ moins les 20€ d'investissement et les 2€ de gain), si deux se plantent, vous aurez perdu 24€, etc...vous aurez limité vos pertes, mais vous vous serez appauvri,
  • Plus vous répartirez vos investissements, plus vous multiplierez vos chances de gain et donc diminuerez votre risque de perte.
  • Maintenant, imaginez que vous détenez le pouvoir d'émettre du crédit. Vous mettez vos 100€ en dépôt à la banque centrale (avec un rendement, qui vous revient) et ils constituent vos 8% obligatoires. Vous allez alors pouvoir émettre 1100€ d'investissement. Si vous avez parié sur les mauvais projets et que vous avez des pertes vous aurez des dettes. Mais si vous avez parié sur les bons chevaux, vous aurez d'autant plus de chances de gain.
Eh bien, l'AMI, c'est ça! En achetant des quote-parts du fonds de garantie, vous vous contentez de collecter votre épargne. Cet argent est investi, par tous les moyens aussi éthiques que possible, de sorte qu'on favorise les environnements financiers éthiques et donc qu'on apporte notre grain de sable à la remoralisation de la finance. Ces placements servent de garantie pour obtenir des prêts à taux faible, des taux similaires aux taux industriels.

L'objectif est un levier raisonnable, imaginez que vos 100€ donnent 500€ à investir. Vous avez toujours vos 100€, en liquide, placés, qui ne bougent pas de là, qui rapportent un rendement inatteignable pour un petit investisseur seul, parce que ce ne sont pas vos 100€ qui sont placés, mais des milliers de 100€ collectés, qui font des sommes considérables qui intéressent les professionnels de l'investissement. Un rendement de 5% est courant, contrairement à ce que l'on pense dans les classes inférieures. Même des rendements bien plus élevés. Généralement, plus l'investissement est moralement, sociétalement , discutable, plus il rapporte. En gros, plus vous êtes pourri, plus vous gagnez quoi. Rien d'extraordinaire donc de gagner 5% s'il s'agit d'un rendement normal dans un monde qui ne vous est normalement inaccessible si vous ne disposez pas d'une somme minimale (si vous avez 50'000€ à investir, votre banquier aura déjà autre chose à vous proposer qu'un Livret A :bravo: ).

En plus de ces 5% de rendement sur chaque quote-part de 100€, il y a le rendement d'autant de quote-parts du fonds d'investissement constitué sur la base du fonds de garantie permet. Dans le cas présent, à partir de ces 100€ qui rapportent, vous avez crée 5 quote-parts de 100€ qui vous rapporteront chacune 6% d'intérêts. Vous rapportez ça à l'échelle de l'AMI et vous avez la réponse à la question de ce fil.

Imaginez 1000 investissements à 10'000€, soit 10'000'000€ qui doivent donc rapporter annuellement 600'000€. Pour que le rendement soit négatif, il faudra donc que sur les 1000 projets financés...40 se plantent! Ce qui représente un taux de déchéance de 4%. A titre de comparaison, dans les banques, le taux de déchéance est de 1.5% environ, soit près de 3x moins. Mais les conditions de financement sont drastiques.

Dans le cadre de l'AMI, comme les conditions de financement se limitent essentiellement au jugement du public, qui investit plus dans l'intérêt communautaire que personnel, le taux de déchéance sera plus élevé et il se peut que ce chiffre de 4% soit réaliste. Mais alors il faudra tenir compte du fait que le capital n'a toujours pas été atteint, que 960 projets d'importance sociale ou sociétale majeure sur les 1000 font toujours bénéficier l'ensemble de la communauté de leurs apports

Et il faut surtout tenir compte du fait qu'étant une structure démocratique, avant qu'un projet fasse déchéance, il y a plusieurs portes de sorties.
  • Le public peut nommer un administrateur pour rechercher la source du problème et éventuellement le régler.
  • Déléguer un accompagnant, comme un business angel, qui va aider l'entrepreneur en difficulté.
  • Affranchir l'entrepreneur de ses intérêts (il vaut mieux ne rien gagner que perdre).
En gros, l'entrepreneur est soutenu par la démocratie en marche. CQFD!

Avatar du membre
[AdelineU]
Messages : 4
Enregistré le : lun. sept. 02, 2013 4:02 pm

Re: Quel risque pour le membre, l'épargnant?

Message par [AdelineU] » mar. sept. 10, 2013 5:27 pm

Superbe réponse !

En résumé, je dirais que le risque est proche de nul puisque le porteur de projet remboursera comme et quand il le pourra et il le fera.
Ensuite, les sommes déposées avant investissement rapporteront déjà un intérêt, lequel sera déposé sur un compte de Réserve. Légalement, il est obligatoire d'avoir aussi une "Réserve Légale" et d'autres comptes qui permettent à la Société de rembourser ses sociétaires ou épargnants en cas de problème.

Par ailleurs, suivant le type de quotes-parts, je pense qu'il soit possible aux épargnants d'obtenir une réduction d'impôts. La question est à creuser.
Partager ses idées fait partie de l'évolution.

Avatar du membre
Soyons AMI
Administrateur
Messages : 10
Enregistré le : ven. déc. 21, 2012 9:12 pm

Re: Quel risque pour le membre, l'épargnant?

Message par Soyons AMI » mar. sept. 10, 2013 5:50 pm

Pas mal... :wink:

Oui, en effet, il devrait être possible de faire qualifier la quote-part comme investissement PME et, théoriquement, entraînant une défiscalisation totale. Mais alors ça nécessite une décision ministérielle, comme pour la création des assurances-vie ou livrets d'épargne logement (PEL) ou Livrets A.

En principe, il existe un cadre légal exploité pour fabriquer un produit financier défiscalisé. Là, on va faire le contraire, on va créer le produit qu'il faudra défiscaliser ensuite. L'horreur absolue.... :tmi:

Néanmoins, je pense qu'un bon fiscaliste devrait trouver dans l'arsenal fiscal de quoi défiscaliser les quotes-parts, je pense qu'il ne s'agit que d'un paramètre, voir une question de terme ou même de présentation du produit. Cela nécessite des compétences très profondes et probablement une consultation d'un cabinet financier ainsi que du Ministère des Finances. Très pompeux présenté comme ça, mais en réalité une démarche courante pour tout organisme financier.

Répondre